Voeux 2019

Écrit par HOMODONNEUR le . Publié dans Textes divers

En cette dixième année d'existence militante, le Collectif HOMODONNEUR souhaite avant toute chose adresser ses voeux les plus chaleureux aux personnes qui vont recevoir des produits sanguins ; qu'elles reçoivent en quantité, en qualité et surtout en générosité, altruisme et responsabilité ce dont elles auront le plus besoin : de l'amour inconditionnel !

Au reste du monde, nous souhaitons en prime la force de dépasser leurs malheurs pour pouvoir aller à la rencontre de l'Autre, et partager ainsi cette joie de vivre qui nous est si chère.

Ayez toutes et tous cette pleine conscience que le plus beau reste à venir.

 

Texte Pride du 9 juin 2018

Écrit par HOMODONNEUR le . Publié dans Textes divers

Fiers d’être généreux !

 

Toutes les revendications portées par le milieu LGBTQI ont pour particularité d’avoir en commun l’aspiration légitime à la stricte égalité en droit.

Toutes ? Non, pas vraiment : il en existe bel et bien une qui ne relève pas de cette approche bien qu’elle concerne, pour partie, la population précédemment évoquée, car le don du sang n’est pas un droit pour quiconque.

Le devoir des autorités sanitaires est de sélectionner les donneurs, et sont donc légitimes à exclure du don certaines catégories de la population sous réserve de démontrer que le prélèvement de sang présente un risque pour le receveur. Ce qui n’est pas le cas dans le sujet traité.

L’exigence d’une réintégration aux mêmes conditions que les autres donneurs dans le circuit transfusionnel des hommes ayant eu ou ayant des relations sexuelles entre hommes est ainsi l’expression la plus claire, la plus vive, de ce qu’il convient de nommer ici un acte d’humanisme appliqué.

Car vouloir se définir exclusivement par ce que nous sommes, c’est-à-dire l’appartenance à une communauté, serait oublier l’essentiel : l’Autre.

Ce qu’il y a dans nos veines, c’est avant toute chose notre appartenance à la communauté humaine au travers du don, acte fondateur de toute société selon l’anthropologue Marcel Mauss.

S’il y a bien une chose qui nous déshumanise, de fait, c’est l’interdiction de pouvoir donner notre sang et il n’y a rien de mieux pour opposer les uns aux autres qu’une réglementation devenue obsolète.

Mais les opposants au don du sang pour tous n’y pourront rien : si, jusqu’à présent, nous avons eu l’immense privilège d’avoir été insultés par dons refusés, demain, nous aurons cette joie suprême de pouvoir enfin les retrouver par dons acceptés.

 

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent » Albert Camus, L’homme révolté.

Compte rendu de l'entretien du 01/09 avec Mr Nicolas Labrune conseiller d'Agnès Buzyn

Écrit par HOMODONNEUR le . Publié dans Textes divers

Remarques préliminaires :

À sa demande d’audience auprès de la nouvelle ministre de la santé à l’issue de la première édition de la marche des donneurs, le collectif HOMODONNEUR a été reçu par Monsieur Nicolas Labrune, conseiller polyvalent de Madame Agnès Buzyn, spécialisé dans les questions transfusionnelles.

Le présent compte-rendu n’est pas le résultat d’une prise de note minutieuse mais d’une retranscription dans les grandes lignes des éléments que nous avons exposés, et non de la retranscription des échanges verbaux.

Ce document reste donc un acte de communication de la part du collectif HOMODONNEUR, subjectif et engagé.

Si nous sommes représentants des 25 000 donneurs homosexuels et bisexuels masculins, en aucun cas nous ne prétendons à l’exclusivité de cette représentativité et nous admettons par avance que nos analyses et notre stratégie peuvent ne pas être partagées par toutes les personnes représentées.

 

Retranscription :

Nous avons tout d’abord remercié Madame la Ministre de nous avoir reçu par l’intermédiaire de son conseiller en charge des questions transfusionnelles ; sa maîtrise du dossier dans son ensemble, la chaleur de son accueil et la qualité de son écoute ont permis un échange constructif.

Nous avons tenu également à souligner que la formation d’hématologue d’Agnès Buzyn peut être interprété de deux manières : soit qu’elle analysera la problématique de façon rationnelle, soit que la connaissance des obstacles liés à ce sujet l’encouragera à faire comme ses prédécesseurs ; et nous avons précisé que nous ne lui faisions aucun procès d’intention dans la double mesure où elle venait d’être nommée récemment et qu’elle n’était pas responsable de l’actuelle situation.

Nous attendons par conséquent qu’elle se prononce dans les semaines suivantes sur le dossier du don du sang pour tous, en fonction notamment des analyses et propositions décrites ci-après.

Nous avons rappelé avant de commencer notre argumentaire et nos propositions que notre demande de réintégration aux mêmes conditions ne s’inscrivait pas dans une approche égalitariste mais dans une approche altruiste ; nous ne considérons pas le don du sang comme un droit, ce qu’avait démontré en son temps la HALDE, nous ne considérons pas que le terme de discrimination soit justifié encore moins celui d’homophobie pour expliquer notre exclusion : il s’agit pour nous des conséquences de l’affaire du sang contaminé qui ont littéralement vitrifiées toute évolution de la réglementation malgré l’évolution des techniques transfusionnelles, des connaissances épidémiologiques et des tests employés.

Si nous voulons donner notre sang, c’est parce que tout d’abord nous voulons sauver des vies, convaincus par ailleurs que notre réintégration améliorera significativement la sécurité sanitaire en permettant la nécessaire sélection des donneurs de sang homosexuels et bisexuels.

Prélever le sang des homosexuels et bisexuels est dangereux, alors que prélever le sang des donneurs homosexuels et donneurs bisexuels est sécure.

Nous sommes d’accord avec le principe de sélection des donneurs, en désaccord avec l’un des critères de sélection.

Nous sommes ensuite rentrés dans le vif du sujet et en présentant les deux « voies » possibles qui mènent au don du sang pour tous : celle actuellement étudiée en France et qui consisterait à nous réintégrer en contrepartie d’une abstinence sexuelle, et que nous décrivons comme une impasse car maintenant de facto une exclusion déguisée sous l’apparence d’une évolution, et la voie du plasma sécurisé par quarantaine pour les gays et les bis, qui constitue pour nous une étape dans le chemin qui mène au don du sang pour tous.

Nous ne détaillerons pas ici tous les arguments déployés lors de l’audience contre cette impasse, en revanche nous avons fermement rappelé notre opposition au principe même d’abstinence sexuelle, quelle qu’en soit sa durée par ailleurs, car en contradiction avec la réalité d’une vie conjugale épanouie et surtout parce qu’elle augmente le risque de mensonge du donneur.

La relation de confiance entre le candidat au don et le médecin de collecte est primordial. Toute rupture de cette confiance est une brèche dans laquelle s’engouffre tout type de risques, y compris ceux de contamination d’agents pathogènes dont le VIH.

Et c’est à la fois parce que les autorités sanitaires édictent des critères irréalistes et parce que des donneurs contournent les mesures que les risques s’accroissent : la responsabilité est partagée par les deux parties, et les receveurs en pâtissent.

Nous avons ainsi lourdement insisté sur le caractère particulièrement intéressant sur le plan de la sécurité du don de plasma sécurisé par quarantaine qui permet de prélever en condition réelle des donneurs qui ne le pouvait pas auparavant, sans abstinence sexuelle demandé, avec la même exigence que pour les autres donneurs d’être monogame depuis au moins 4 mois.

C’est pourquoi, et c’est le sens même de cette première marche des donneurs, nous demandons à la nouvelle responsable politique de ce sujet qu’une vraie politique de recrutement et de fidélisation soit effectuée à l’endroit de cette nouvelle population de donneurs.

Nous avons expliqué que pour obtenir un nombre suffisant de donneurs gays et bis et plasma en vue d’une étude épidémiologique fiable, il fallait une réelle volonté politique, une extraordinaire pression sur les services sous la tutelle de l’État, en particulier l’EFS, afin qu’ils communiquent de façon régulière et sincère sur le sujet.

A contrario, l’absence de politique de recrutement et de fidélisation des donneurs en plasma sécurisé par quarantaine signifierait pour nous la volonté manifeste de la part des autorités sanitaires de ne vouloir étudier que la piste de l’abstinence sexuelle.

Et amènerait de notre par une réponse appropriée.

Nous avons évidemment rappelé au cours de l’échange que de nombreux pays pratiquaient le don du sang pour tous, notamment l’Italie depuis le 26 janvier 2001, et qu’aucune contamination n’avait été observé depuis, selon le Pr Benoit Vallet, Directeur Général de la Santé.

L’entretien s’est conclu par la remise de l’un de nos documents de promotion du don de plasma afin qu’il soit remis en mains propres à Madame Agnès Buzyn, qu’elle puisse mesurer à quel point nous sommes déterminés et engagés à la soutenir sincèrement si elle devrait prendre le bon chemin, celui qui mène réellement au don du sang pour tous.

Texte livret Pride Toulouse 10 juin 2017

Écrit par HOMODONNEUR le . Publié dans Textes divers

Tous les deux mois, je donne mon plasma !

Le collectif HOMODONNEUR n’a pas encore obtenu le don du sang pour tous aux mêmes conditions, mais nous sommes fiers d’avoir obtenu ce type de don pour les hommes ayant eu ou ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes aux mêmes conditions que les autres donneurs : à savoir ne pas avoir changé de partenaires sexuels lors des quatre derniers mois.

Le plasma, c’est quoi ?

C’est un liquide de couleur jaune, constitué d’eau, de sels minéraux, de protéines plasmatiques (albumine, anticorps, facteurs de coagulation, etc…) qui est soit transfusé tel quel, soit fractionné en divers médicaments.

Le don de plasma sécurisé, mode d’emploi :

La poche de plasma prélevée est congelée, le donneur est retesté 60 jours après soit à l’occasion de son prochain don effectué, soit invité pour un bilan. S’il n’y a aucun problème, la poche est ainsi libérée et utilisée.

Pour pouvoir donner son plasma il faut faire plus de 54 kg, et bien boire avant le prélèvement (de l’eau, pas d’alcool !!!), et ne pas être à jeun (repas léger, non gras)

Et comme pour tout type de don, il est primordial de répondre avec sincérité à chacune des questions posées lors de l’entretien médical ; votre santé comme celle des receveurs en dépend !

Pourquoi donner ?

Le plasma sécurisé par quarantaine est utilisé, entre autres choses, pour rétablir le volume plasmatique en situation d’urgence, par transfusion directe au patient.

Par ailleurs, les autorités sanitaires vont ainsi pouvoir étudier en conditions réelles le don effectué dans les mêmes conditions que les autres donneurs, et auront besoin d’un nombre important de donneurs pour faire des statistiques fiables pour pouvoir, in fine, nous réintégrer aux mêmes conditions pour tout type de dons.

Le collectif HOMODONNEUR se tient à votre disposition au stand du village associatif pour plus d’information à ce sujet.

Et comme chaque bras compte : Tous les deux mois, je donne mon plasma !