Texte perso livret pride Toulouse 04 juin 2016

Écrit par Frédéric Pecharman le . Publié dans Contributions

Unité ?

Dans le milieu associatif œuvrant en faveur de la liberté sexuelle, plus connu sous l’acronyme à rallonge arrêté – pour l’instant, à la neuvième lettre de l’alphabet, se trame les germes que certains esprits chagrins désigneront par ceux de la division, pour d’autres les graines d’un renouveau nécessaire pour notre mouvement.

En effet, le consensus relatif au mariage dit pour tous ayant amené la modification législative que l’on connait, force est de constater qu’est advenu le temps du dissensus. Et sur de nombreux sujets.

Que l’on prenne la GPA, dont le débat n’est qu’au seuil de la polémique ; que l’on traite de la question de la liberté relative à disposer de son corps aboutissant pour les uns, à l’autorisation de la prostitution, et pour d’autres arguant de la non commercialisation du corps humain, à l’abolition ; que l’on aborde la réflexion liée à la diminution du risque de contamination du HIV en réintégrant dans le circuit transfusionnel les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ; la seule unité observable est la farouche et discrète opposition parmi les militants dudit mouvement national, avec toutes les nuances et particularités sur ces exemples limités.

Dans ces conditions-là, comment et surtout pourquoi vouloir continuer à faire semblant ?

L’unité LGBTQI n’est désormais plus qu’une façade qui ni ne cache l’incapacité d’agir ensemble ni ne masque la guerre de chaque lettre de l’alphabet.

C’est bel et bien un pluralisme décohéré qui doit œuvrer pour l’avènement d’un vrai Mouvement de Libération Sexuelle, mouvement constitué de mouvements, mouvement assumant et assurant publiquement un débat de qualité, mouvement permettant la libération sexuelle de tout un chacun – à commencer par la plus grande partie de l’Humanité : les hétérosexuels.

Frédéric Pecharman, adhérent libre d’AEC.

« (…) la doctrine traditionnelle d’une raison absolue et immuable n’est qu’une philosophie. C’est une philosophie périmée. » (Bachelard, La philosophie du non)